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Comment des chercheurs tentent de mesurer et de limiter la diffusion aérienne du SARS-CoV-2

Devant un café parisien, en juillet 2020.

Au sous-sol, une caisse en Plexiglas est envahie d’une fumée soufflée à travers un tube, afin de tester les capacités filtrantes de masques en tissus, chirurgicaux ou FFP2. Les particules qui les traversent sont comptées grâce à un laser. A l’étage, une autre équipe fait cracher un fumigène à une tête artificielle, pour observer l’évolution de son sillage sur un écran photonique. Dans une pièce voisine, d’autres spécialistes mesurent la rapidité de réaction de capteurs de CO2.

Le but de ces recherches, menées à l’Université de Paris, dans le 13e arrondissement, et à l’Ecole normale supérieure, par une dizaine d’étudiants en master ou en dernière année d’école d’ingénieurs, spécialisés en physique, est de répondre à des questions centrales depuis que la pandémie a commencé. Comment le Covid-19 se transmet-il par l’air ? Peut-on quantifier le risque de chaque activité et aller au-delà des règles de bon sens, mais non justifiées rigoureusement, ou imprécises : deux mètres de distance, six personnes, demi-jauge, ouverture des fenêtres… ? Est-il possible de réduire ce risque en jouant sur les écoulements d’air ? Autant de questions majeures, à l’heure où la France amorce une réouverture par paliers des commerces et des lieux culturels et sportifs.

Ici, les fumées proviennent de bâtons d’encens, d’un appareil de spectacle ou de carboglace sublimée ; la tête artificielle n’est qu’un bidon percé ; l’écran photonique est un vulgaire drap noir ; les capteurs de CO2 ont été assemblés par les étudiants. Pourtant, malgré les apparences, le travail mené sous l’égide du professeur de physique à l’Université de Paris Bruno Andreotti est à la pointe même des connaissances.

Corriger les stratégies anti-Covid

Ces chercheurs viennent de mettre le point final à un article, soumis le 30 avril à la revue spécialisée Indoor Air, qui met l’accent sur les risques de transmission par aérosol, notamment à courte distance, avec l’idée qu’un éloignement de deux mètres n’est pas forcément suffisant et que la « bonne » distance varie en fonction des conditions de circulation de l’air.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : mesurer le CO2 pour mieux aérer et diminuer la transmission

Après avoir mené des expériences aux Halles et au Carré Sénart, à la demande du Conseil national des centres commerciaux, ils ont rédigé des recommandations de protocole sanitaire pour la réouverture : port de masque FFP2 et recyclage de ces protections, limitation des files d’attente statiques, contrôle des ventilations

Surtout, ce groupe rejoint une communauté de plus en plus large, qui cherche à corriger les stratégies de la lutte anti-Covid, en mettant en son centre la transmission aéroportée et l’estimation quantitative des risques de contamination associés, comme en témoignent plusieurs articles récents.

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