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Casino ouvre le capital de Cdiscount

Les bureaux de Cdiscount, à Cestas (Gironde), en février 2019.

Le géant français de l’e-commerce Cdiscount ouvre son capital. Sa maison mère, Casino, a annoncé, mardi 1er juin, que Cnova, la société par le biais de laquelle elle détient la plate-forme, « [envisageait] de procéder à un placement privé d’actions nouvelles d’un montant d’environ 300 millions d’euros » avant la fin de l’année 2021, « sous réserve des conditions de marché », accompagné, dans un second temps, d’une augmentation du flottant à la Bourse de Paris (actuellement de 1 %). Le groupe de distribution a « l’intention de rester l’actionnaire majoritaire de la société ».

Casino avait annoncé, le 14 mai, une opération semblable pour GreenYellow, sa filiale spécialisée dans la transition énergétique, qui « explore la possibilité d’une introduction en Bourse pour financer ses ambitions de croissance ». Etudiée depuis plusieurs semaines, l’arrivée de nouveaux actionnaires dans Cdiscount est un moyen de faire entrer du cash dans l’entreprise, à un moment où elle espère profiter du développement exponentiel des ventes en ligne. Le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, avait racheté à ses fondateurs, les frères Charle, au tournant des années 2000, cet acteur spécialisé dans la vente de DVD sur Internet, juste un an après sa création – il dégageait alors 1 million de francs de chiffre d’affaires –, avant d’en acquérir le reste du capital, en 2011.

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Dans le périmètre du groupe de supermarchés, Cdiscount a eu carte blanche pendant une vingtaine d’années pour ferrailler sur les prix face à ses concurrents de l’Internet et aux propres magasins du groupe, pendant que le géant américain Amazon livrait bataille sur le service au client. Ces dernières années, Cdiscount a perdu de l’argent afin de conquérir des clients. Surtout populaire hors des grandes métropoles, il est aujourd’hui numéro deux du commerce en ligne en France avec 8 % du marché, derrière Amazon (22 %). Et ses pertes, toujours engendrées par des investissements technologiques importants, ont été réduites à 15,7 millions d’euros en 2020 (contre 61,6 millions en 2019).

Possibilité de prestations logistiques

L’explosion du commerce en ligne a conduit Cdiscount à développer, comme d’autres poids lourds du Web, une activité de place de marché en 2019, qui agrège les articles de commerçants venus de l’extérieur à ses propres annonces. Une composante du commerce en ligne considérée par les professionnels comme nettement plus rentable que la vente en direct, qui immobilise la trésorerie par les achats de stocks. Avec une place de marché, la rentabilité ne se fait plus grâce à la marge de ses ventes, mais avec les commissions prélevées sur ses 13 000 commerçants, et les services qu’ils achètent pour mettre en avant leurs annonces. A chaque produit vendu, Cdiscount prélève une commission de 12 % à 13 %.

Aujourd’hui, presque un achat sur deux sur Cdiscount est issu de cette place de marché. La bataille ne se fait plus sur ses propres prix ; ce sont les marchands qui guerroient entre eux. Cdiscount leur fournit l’accès à ses 23 millions de visiteurs uniques par mois et la possibilité de prestations logistiques. Dans ses comptes, le volume d’affaires a atteint 4,2 milliards d’euros en 2020, et son chiffre d’affaires, 2,2 milliards d’euros. Avec une rentabilité opérationnelle en progression de 62,5 %, à 133 millions d’euros.

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Autant dire qu’une levée de fonds de 300 millions d’euros va permettre d’accélérer le développement de cette activité de place de marché, et de commercialiser sa plate-forme clé en main (technologie, produits et logistique) à d’autres acteurs en France et à l’échelle internationale. L’entreprise prévoit d’« ouvrir des bureaux à l’étranger, recruter des équipes, et investir pour rendre la plate-forme connectable en presque un clic », explique Emmanuel Grenier, PDG de CDiscount. Une nouvelle activité, baptisée Octopia, déjà commercialisée auprès de 518 sites en Europe, et pour laquelle M. Grenier vise les 10 000 clients. Ce qui lui permet d’envisager un volume d’affaires supérieur à 12 milliards d’euros à l’horizon 2025.

Cependant, pour Casino, la valorisation qui sera définie par les levées de fonds de ses filiales GreenYellow et Cdiscount est surtout un moyen de faire reconnaître sa valeur boursière auprès des marchés financiers. Et de contrer les attaques de fonds d’investissements dont il a fait l’objet ces dernières années. Elles avaient mis en lumière l’endettement important de plusieurs sociétés du groupe et conduit Rallye, Foncière Euris, Finatis et Euris – les holdings à travers lesquelles M. Naouri contrôle Casino – à entrer en procédure de sauvegarde, en mai 2019. Elles en sont sorties en février 2020 avec des cessions d’actifs et un rééchelonnement de sa dette.

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