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Canal de Suez : le propriétaire du navire échoué en travers espère un déblocage ce samedi soir

Le déblocage du navire qui obstrue depuis mardi le canal de Suez en Egypte pourrait être plus rapide qu’annoncé. Le propriétaire du porte-conteneurs a dit avoir bon espoir que le navire soit débloqué dès samedi soir 27 mars, alors que des jours voire des semaines étaient précédemment évoqués.

« Nous sommes en train d’éliminer les sédiments, avec des outils de dragage supplémentaires », a déclaré Yukito Higaki, le président de la compagnie japonaise Shoei Kisen lors d’une conférence de presse vendredi dont fait état la presse japonaise samedi. Il a dit espérer un déblocage de l’Ever Given pour « demain (samedi) soir », c’est-à-dire dans la nuit de samedi à dimanche au Japon. « Le navire ne prend pas l’eau. Il n’y a aucun problème avec ses gouvernails et ses hélices. Une fois qu’il aura été renfloué, il devrait pouvoir fonctionner », a ajouté le dirigeant.

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La société mandatée pour le « sauvetage » de l’Ever Given s’était auparavant montrée plus prudente, évoquant « des jours voire des semaines » pour assurer le déblocage du navire et la reprise du trafic sur le canal qui voit passer 10 % du commerce maritime international, selon des experts.

« Processus technique complexe »

Depuis mercredi, l’Autorité égyptienne du canal de Suez (SCA) tente de dégager ce navire de plus de 220 000 tonnes et d’une longueur équivalente à quatre terrains de football, coincé dans le sud du canal, à quelques kilomètres de la ville de Suez. Une opération menée vendredi par la SCA avec l’aide de remorqueurs « n’a pas réussi », a indiqué la Bernhard Schulte Shipmanagement (BSM), compagnie basée à Singapour qui assure la gestion technique du navire. « Deux remorqueurs (égyptiens) supplémentaires de 220 à 240 tonnes » doivent arriver d’ici à dimanche pour une nouvelle tentative, selon cette société.

Dans un communiqué, l’amiral Ossama Rabie, président de la SCA, a expliqué vendredi soir que « les manœuvres de remorquage nécessitent la conjoncture de plusieurs facteurs (…) dont le plus important est la direction des vents et des marées », parlant de « processus technique complexe ».

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Une importante marée haute prévue « dimanche soir » pourrait « être d’une grande aide » pour les équipes techniques cherchant à débloquer le navire, a expliqué Plamen Natzkoff, expert chez VesselsValue. « S’ils ne parviennent pas à le débloquer lors de cette marée haute, la prochaine n’aura pas lieu avant deux semaines, et cela va devenir problématique », a-t-il dit. L’Ever Given « n’est pas uniquement échoué sur le sable en superficie, il s’est également coincé à l’intérieur de la berge », selon M. Natzkoff. « Il va falloir creuser là où le bateau est entré dans la berge, afin de lui permettre de bouger à nouveau. Et c’est clairement du gros boulot », juge-t-il.

Des excavatrices ont commencé à creuser la berge mercredi et des dragues à aspirer le sable sous le navire vendredi, pour faciliter le travail des remorqueurs.

Plus de deux cents navires en attente

L’incident survenu mardi et provoqué par des vents violents combinés à une tempête de sable, selon différentes sources, a entraîné des embouteillages massifs. D’après la revue spécialisée Lloyd’s List, plus de deux cents navires étaient bloqués vendredi aux deux extrémités et dans la zone d’attente située au milieu du canal, entraînant d’importants retards dans les livraisons de pétrole et d’autres produits, avec une brève répercussion sur les cours de l’or noir mercredi.

Selon Lloyd’s list, le porte-conteneurs coincé bloque chaque jour l’équivalent d’environ 9,6 milliards de dollars (8,1 milliards d’euros) de marchandises. Le géant du transport maritime Maersk et l’allemand Hapag-Lloyd ont indiqué jeudi qu’ils envisageaient de dérouter leurs navires et de passer par le Cap de Bonne-Espérance, soit un détour de 9 000 kilomètres et au moins sept jours supplémentaires autour du continent africain.

Le Monde avec AFP

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