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Bachar Al-Assad orchestre un simulacre d’élection présidentielle en Syrie

Affiches de campagne de Bachar Al-Assad dans un parc de Damas, la capitale syrienne, le 3 mai 2021.

Sa réélection ne fait aucun doute et Bachar Al-Assad file sans surprise vers un quatrième mandat consécutif à la tête de la Syrie. Le processus a été formalisé par la Haute cour constitutionnelle, qui a validé sa candidature, lundi 3 mai, pour un scrutin prévu le 26 mai. Une présidentielle qui le verra l’emporter face à deux concurrents, un ex-ministre et un membre de l’opposition tolérée par le pouvoir.

Le scrutin sera le second à être organisé depuis le début, en 2011, d’une guerre dévastatrice déclenchée par la répression de manifestations réclamant des réformes démocratiques. Aidé militairement par ses alliés iranien et russe, le régime du dirigeant syrien a réussi à reprendre aux rebelles et aux djihadistes près des deux tiers du territoire au prix de combats qui ont fait près de 400 000 morts.

Elu par référendum en 2000

Agé de 55 ans, Bachar Al-Assad a accédé au pouvoir en 2000 après la mort de son père Hafez Al-Assad, lui-même à la tête de la Syrie trois décennies durant. Il avait été élu par référendum en 2000 et 2007. En 2014, deux candidats ont été autorisés à concourir contre lui pour projeter, déjà, l’image d’une situation en voie de normalisation. L’autocrate a été réélu avec plus de 88 % des voix dans ce qui fut qualifié par ses opposants de « farce » et de mise en scène organisée pour les médias occidentaux.

Lire l’archive : Syrie : une élection pour empêcher toute transition

Cette année, outre M. Assad, concourront Abdallah Salloum Abdallah, ministre d’Etat de 2016 à 2020, et Mahmoud Mareï, membre de l’opposition dite « tolérée » à l’intérieur du pays et longtemps décrite par l’opposition en exil comme une extension du régime. Les candidats devaient obtenir le soutien d’au moins 35 députés, chacun n’étant autorisé qu’à soutenir un seul candidat.

La présence de M. Mareï, qui avait notamment participé à des négociations organisées sous l’égide des Nations unies à Genève pour tenter de trouver une issue à la guerre, est vue par un diplomate occidental comme « la seule concession faite par le régime à l’extérieur. En l’occurrence à son allié russe qui, pour des questions d’apparence, tient à un semblant de “diversité” » . L’opposition en exil, elle, est exclue de facto, la loi électorale stipulant que les candidats doivent avoir séjourné dans le pays en permanence au cours des dix dernières années.

Critiques nourries

Les membres occidentaux du Conseil de sécurité de l’ONU, Etats-Unis, France et Royaume-Uni en tête, ont rejeté à l’avance le résultat de l’élection. « La France ne reconnaîtra aucune validité aux élections prévues par le régime fin mai », a asséné l’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, lors d’une session mensuelle du Conseil de sécurité sur la Syrie, le 28 avril. Sans inclure la diaspora, elles « se tiendront sous le seul contrôle du régime, sans supervision internationale » comme le prévoyait la résolution 2254 (adoptée en 2015), a-t-il ajouté.

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