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Avec son appel à l’union, Yannick Jadot enjambe la primaire écologiste et son propre parti

Le député européen d’EELV Yannick Jadot (gauche) parle avec un cultivateur de betteraves biologiques, à Vimy (Pas-de-Calais), en septembre 2020.

Tout est souvent affaire de « timing ». Yannick Jadot l’a bien compris. Le député européen Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui brigue l’investiture écologiste pour la présidentielle de 2022, a décidé qu’il était temps de passer à l’attaque.

Lundi 29 mars, sur France Inter, il a proposé aux leaders écologistes et de gauche – de l’ancien macroniste et député de l’Essonne Cédric Villani au chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon, en passant, entre autres, par les communistes et les socialistes – de « se mettre autour d’une table » afin de « se mettre d’accord pour construire le grand projet d’espérance (…) pour 2022 ». L’idée est de coucher « dix propositions communes », a-t-il précisé dans un entretien à Libération, et de faire en sorte que cette famille politique morcelée, qui passe son temps à se déchirer, puisse encore avoir un espoir de peser.

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Les leaders de gauche ont répondu positivement à l’invitation. Jean-Luc Mélenchon a même longuement échangé avec M. Jadot mardi. Quelques heures plus tard, sur Franceinfo, le député des Bouches-du-Rhône affirmait : « S’il y a des réunions, on ira. Cela fait des mois qu’on le propose pour parler de contenus et de programme. Arrêtez la comédie sur l’union ! (…) La confusion nous perdrait. (…) La première tâche est de se regrouper pour faire face à l’offensive de l’extrême droite et des macronistes. » Et l’ancien sénateur socialiste de proposer… une réunion, le 7 avril, pour lutter contre « l’offensive face aux libertés ».

Se poser en candidat naturel

Finalement, peu importe de savoir si la rencontre proposée par M. Jadot aura bien lieu, qui ira et s’il en sortira quelque chose. L’essentiel est ailleurs. En formulant sa proposition à l’ensemble des partenaires de gauche et aux écologistes, Yannick Jadot fait coup double. D’abord, il se pose en candidat naturel de sa famille politique, faisant fi de ses deux rivaux – le maire de Grenoble, Eric Piolle, et la secrétaire nationale adjointe d’EELV, Sandrine Rousseau – à la primaire prévue en septembre par EELV.

Dans le même temps, il devient le leader de fait des écologistes, puisqu’il est l’interlocuteur des chefs des autres formations de gauche et c’est à lui que l’on répond. Lui, encore, qui propose presque une sorte de conférence de paix de la gauche et des écologistes. Lui, enfin, qui tend la main aux « insoumis » pour les intégrer à un bloc large s’opposant à la fois à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen. Il marginalise ainsi le secrétaire national d’EELV, Julien Bayou, avec qui les relations sont très fraîches. Ironie politique, il y a un an, la proposition de ce dernier d’organiser des universités de rentrée communes à la gauche et aux écologistes avait fait long feu.

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