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Avec 3 000 amendements déposés à l’Assemblée, l’adoption de la proposition de loi sur le droit à l’euthanasie compromis

Des députés du groupe LRM à l'Assemblée nationale à Paris, mardi 2 mars 2021.

Quelque 3 000 amendements ont été déposés sur la proposition de loi controversée créant un droit à l’euthanasie pour les personnes souffrant d’une pathologie incurable. Ce grand nombre d’amendements, s’ils sont bien défendus par leurs auteurs, jeudi 8 avril, à l’Assemblée nationale, va rendre mécaniquement impossible l’examen de leur totalité sur une seule journée et donc empêcher l’adoption de la proposition de loi.

Sur ces 3 000 amendements, 2 300 viennent de députés Les Républicains (LR) opposés à ce texte instituant un « droit à une fin de vie libre et choisie » du député Olivier Falorni (groupe Libertés et territoires), selon l’Agence France-Presse (AFP).

Dans une tribune publiée dans Le Journal du dimanche, 270 députés de tous bords s’insurgent : « Nous voulons débattre. Nous voulons voter. Le temps du Parlement est venu. Respectons-le », plaident ces parlementaires favorables à la proposition de loi, emmenés par Jean-Louis Touraine (LRM), Yaël Braun-Pivet (LRM), Marine Brenier (LR) et quatre présidents de groupes politiques, Jean-Luc Mélenchon (LFI), Valérie Rabault (PS), Olivier Becht (Agir) et Bertrand Pancher (Libertés et territoires).

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« Questions existentielles »

« Cette question traverse notre société depuis quarante ans. Plusieurs textes ont été déposés à l’Assemblée comme au Sénat depuis 2017. Nos concitoyens nous interpellent, attendent que nous en débattions et, pour une majorité d’entre eux, que nous l’adoptions », ajoutent-ils.

« Un quarteron de députés prétend par l’obstruction parlementaire empêcher l’Assemblée de débattre sur un sujet de société majeur », avait dénoncé, dès vendredi, M. Falorni, dont la proposition de loi avait passé un premier cap en étant adoptée, mercredi soir, en commission.

« La honteuse obstruction des LR empêchera le vote, jeudi, de la loi sur la fin de vie », a dénoncé, samedi, dans un communiqué Matthieu Orphelin, ancien membre du groupe Libertés et territoires, en soulignant qu’« à eux seuls, cinq députés Les Républicains [Xavier Breton, Patrick Hetzel, Julien Ravier, Frédéric Reiss et Marc Le Fur] ont déposé (…) 2 158 amendements ».

Le texte de M. Falorni veut apporter une nouvelle réponse au douloureux et sensible débat sur la fin de vie et l’euthanasie, cinq ans après la loi Claeys-Leonetti, qui autorise la sédation profonde et continue. En commission, M. Falorni a reconnu que son texte abordait des « questions existentielles ». Ouvrir un droit à « l’ultime liberté » de décider d’une mort médicalement assistée permettrait de répondre à une « hypocrisie » : laisser les personnes partir en « exil » en Belgique ou en Suisse pour y avoir recours, et fermer les yeux sur les « 2 000 à 4 000 » euthanasies clandestines pratiquées chaque année en France « parfois à l’insu des proches » des malades, selon lui.

Marraine de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), la chanteuse Line Renaud a publié, samedi, une lettre ouverte à l’attention des députés, les pressant de donner « à chacune et à chacun la possibilité de choisir sa fin de vie ».

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Le Monde avec AFP

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