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Audrey Pulvar s’attire les foudres de la droite et de l’extrême droite en réagissant aux « réunions non mixtes »

Un débat miné qui n’en finit plus de diviser. Interrogée samedi 27 mars sur BFM-TV au sujet des réunions « non mixtes » organisées par l’Union des étudiants de France (UNEF), syndicat étudiant, la candidate PS pour les régionales en Ile-de-France Audrey Pulvar a fait bondir la droite et l’extrême droite en déclarant qu’une personne blanche pourrait y assister en restant « spectateur silencieux ».

Ces déclarations surviennent après une semaine d’intenses polémiques autour de l’UNEF dont la présidente, Mélanie Luce, avait défendu sur Europe 1 mercredi 17 mars l’organisation de réunions « non mixtes » pour « permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu’elles subissent ».

« Que des personnes discriminées pour les mêmes raisons et de la même façon sentent la nécessité de se réunir entre elles pour en discuter, ça ne me choque pas profondément », a dit Audrey Pulvar, tout en précisant qu’elle préférait que la formulation de ces réunions n’exclue pas une catégorie de la population. « S’il se trouve que vient à cet atelier [à destination des personnes noires et métisses] une femme blanche, un homme blanc, il n’est pas question de la ou le jeter dehors. En revanche, on peut lui demander de se taire, d’être spectateur ou spectatrice silencieux », a poursuivi la candidate à la présidence de la région Ile-de-France, soutenue par le Parti socialiste (PS).

« Quand des femmes LGBTQ+ se réunissent pour discuter, je suis hétérosexuelle, je participe à ce type de réunion,mais je ferme ma bouche. Si on me demande mon avis, je peux le donner, mais je me tais, car je comprends qu’il y a une parole qui a besoin de s’exprimer totalement librement », dit aussi l’adjointe d’Anne Hidalgo.

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« Naufrage politique et moral »

Ses propos ont provoqué des commentaires indignés à droite, à l’extrême droite et jusque dans la majorité présidentielle.

La présidente Les Républicains (LR) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a réagi sur Twitter samedi. « Dans ma région, aucun habitant ne doit être discriminé pour la couleur de sa peau. Il n’y a pas de racisme “acceptable” », a écrit la présidente du conseil régional d’Ile-de-France.

Audrey Pulvar « doit s’excuser auprès de la République », a également estimé le vice-président LR de la région, Geoffroy Didier, toujours sur le réseau social. « En France, il y a une seule communauté : la communauté nationale. On ne peut pas être enjoint de parler ou de se taire en fonction de sa couleur de peau ou de son origine », ajoute Christian Jacob, le président des Républicains.

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« Cette forme d’essentialisme est à la base de la construction de la pensée raciste. Notre République, plus que jamais, est une et indivisible », a commenté la tête de liste de la majorité présidentielle aux élections régionales en Ile-de-France, Laurent Saint-Martin.

« Le parquet doit engager des poursuites pour provocation à la discrimination raciale contre Mme Pulvar », a aussi demandé la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen. « C’est cette gauche qui patauge dans l’islamo-gauchisme et la haine des Blancs qui aspire à présider la première région de France ? », interroge Jordan Bardella, vice-président du parti.

« Elle a juste compris ce qu’est un groupe de parole ! »

Mais la candidate socialiste a aussi reçu le soutien de plusieurs personnalités de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon. « Audrey Pulvar n’est pas raciste ! Elle a juste compris ce qu’est un groupe de parole. Ceux qui se jettent sur elle, par contre, n’arrivent pas à cacher leur pente sexiste et discriminante. Le débat public s’effondre. Le PS va-t-il défendre sa candidate en Ile-de-France ? », a-t-il interrogé sur Twitter.

Clémentine Autain, tête de liste LFI aux régionales en Ile-de-France, a également apporté son soutien à l’ancienne journaliste. « Ceux qui alimentent chaque jour le racisme, instrumentalisent la cause des femmes et organisent la ségrégation sociale mėnent ce soir une campagne misérable contre Audrey Pulvar. Au fond, droite et extrême droite dénient aux opprimés le droit de se parler et de ne pas se soumettre », écrit-elle sur Twitter.

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« Au nom de la République, certains font passer les militant·es antiracisme pour des racistes et les luttes d’émancipation pour du repli identitaire. Cette grande confusion qui confond universalisme et uniformité pourrit le débat démocratique », a écrit le député européen Vert David Cormand.

Dimanche dernier, invitée sur Europe 1, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait été interrogée sur ces réunions « en non-mixité raciale » de l’UNEF. Elle les avait qualifiées de « dangereuses » : elles cachent, selon elle, des « tentatives » visant à « marquer les identités différentes », pour finalement « ne plus permettre le dialogue », jugeait-elle.

Le Monde

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