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Au procès du saccage de l’Arc de triomphe, des peines pédagogiques et une relaxe

Manifestation des « gilets jaunes », à Paris, le 1er décembre 2018.

Les peines prononcées, jeudi 25 mars, par le tribunal correctionnel de Paris au procès du saccage de l’Arc de triomphe sont à l’image des débats, pédagogiques et apaisantes. Huit des neuf personnes poursuivies ont été reconnues coupables d’entrée par effraction dans le monument et condamnées à de l’emprisonnement avec sursis ou à un travail d’intérêt général ainsi qu’à des amendes modestes.

La peine la plus lourde, huit mois avec sursis, a été retenue contre un jeune homme âgé de 18 ans à l’époque des faits, qui avait été filmé en train de tenter de fracasser une porte avec un extincteur. Celles et ceux qui ont été déclarés coupables de vols d’objets – des cartes postales, des tours Eiffel ou des Arc de triomphe miniatures – devront s’acquitter d’une amende de 100 euros. Tous devront, en outre, effectuer soixante-dix heures de travaux d’intérêt général. Le doute a bénéficié à l’un des prévenus, un ancien légionnaire de 43 ans, proche de l’ultradroite, qui était soupçonné d’avoir tagué le monument.

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Dès l’ouverture des débats, lundi 22 mars, la présidente avait rappelé la limite de ce procès : ni les protagonistes ni les principaux acteurs du saccage du monument perpétré lors d’une manifestation des « gilets jaunes » le 1er décembre 2018 n’ont été identifiés.

Défense contrite et frustre

La plupart des prévenus étaient des jeunes gens sans casier judiciaire. Face aux images des dégradations projetées à l’audience – la boutique et le musée détruits et pillés, les locaux du personnel dévastés, des sculptures et des œuvres d’art brisées, les quatre piliers tagués, un montant des dégâts évalués à 1 million d’euros –, ils ont souvent opposé une défense aussi contrite que frustre : l’hystérie du moment, « le feu de l’action », « l’effet de groupe » et l’aveu pathétique qu’ils avaient « agi d’abord et réfléchi après ». Rares sont ceux qui, parmi eux, ont revendiqué une adhésion au mouvement des « gilets jaunes ». « C’est une histoire de prix de carburant, ma mère n’a même pas de voiture, alors… », avait observé l’un des prévenus.

Mais les uns et les autres ont semblé étonnés, souvent décontenancés, par l’attention que leur accordait la présidente du tribunal, Sonia Lumbroso, rompue aux entretiens par son expérience d’ancienne juge des enfants. Ainsi a-t-on vu un jeune homme, d’abord fermé, murmurant des paroles indistinctes dans le micro, s’ouvrir et se confier peu à peu sur les difficultés de sa vie – « Je vous le dis entre nous… » comme s’ils n’étaient plus que deux en tête-à-tête dans la salle d’audience. Ou cette jeune femme de 28 ans, enceinte, originaire de Gironde, qui s’était présentée comme une « vraie gilet jaune » ayant participé à l’occupation des ronds-points et aux manifestations « pour mieux se faire entendre » et qui ironisait, bravache, sur les « dégâts seulement matériels » de l’Arc de triomphe, abandonnant soudain son armure de façade sous les questions pleines de tact de la présidente.

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