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Au procès Bygmalion, Jean-François Copé à la barre des témoins : « Il faut se demander à qui cela profite »

A la barre du tribunal correctionnel de Paris où il est cité comme témoin, mercredi 9 juin, dans l’affaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé jure de dire « toute la vérité, rien que la vérité » et lève la main droite. Sa vérité peut se résumer en trois phrases. Un, dans ses fonctions de secrétaire général de l’UMP (le parti présidentiel devenu Les Républicains), il n’a « jamais, mais alors jamais, eu à traiter des questions matérielles ou financières. Jamais. Ce n’était pas mon métier, ce n’était pas ma compétence ».

Deux, il est « extrêmement respectueux de l’exercice des fonctions de chacun » – trésorier, directeur général du parti, directrice des affaires financières – et donc tout aussi respectueux – il ne le précise pas mais laisse à tous le soin de traduire – des responsabilités qui vont avec, y compris pénales.

Trois, conséquence des deux points qui précèdent, il n’a « jamais eu la moindre alerte » sur le système de fausse facturation. Et martèle-t-il, « je suis celui qui, s’il avait été informé, aurait immédiatement arrêté tout ça. Dans la minute, je serais allé voir Nicolas Sarkozy pour lui dire que je n’accepterais pas ».

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« Chacun était à sa tâche »

« Avocat et maire de Meaux », s’était-il présenté en ouvrant sa déposition. Avocat de lui-même, Jean-François Copé l’a été pendant trois heures. Pendant la campagne, dit-il, « il y avait deux couloirs parallèles, celui du parti et celui de l’équipe de campagne. Chacun était à sa tâche ». Jean-François Copé jouait pour sa part, assure-t-il, dans le premier couloir. Il a participé à « quelques meetings » de Nicolas Sarkozy. « Je prenais le micro, toujours en bas, car il fallait laisser le candidat… – il cherche le bon verbe – rayonner. » Sur le reste, « le parti s’est mis à la disposition du candidat ». Il ajoute, chaque mot est pesé : « Nicolas Sarkozy avait souhaité engager à ses côtés mon directeur de cabinet [Jérôme Lavrilleux]. C’était un transfert de responsabilité à l’équipe de campagne. » Jérôme Lavrilleux est assis sur le banc des prévenus, pas Jean-François Copé.

Le groupe Bygmalion, dirigé par son ancien conseiller et proche ami Bastien Millot, est choisi pour organiser les meetings de Nicolas Sarkozy, via sa filiale Event & Cie. « Bygmalion n’avait rien de particulier pour moi, dit l’ancien patron de l’UMP. Il était simplement cohérent de travailler avec une société qui était plus proche de nous que de l’autre camp. » Franck Attal, le « M. meeting » d’Event, son supérieur hiérarchique Sébastien Borivent, et ses deux présidents, Guy Alvès et Bastien Millot, sont assis sur le banc des prévenus, pas Jean-François Copé.

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