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Au procès Bygmalion, des prévenus exsangues, une présidente infatigable

«  Moi, je ne suis jamais fatiguée !   » , avait lancé d’une voix enjouée la présidente du tribunal, Caroline Viguier, à l’avocat d’un prévenu qui sollicitait une suspension d’audience. Hélas pour ceux qui comparaissent devant elle au procès des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, Caroline Viguier disait vrai.

De chacun de ses interrogatoires, les prévenus sortent exsangues. Ils dérivent, elle les coupe. Ils ne répondent pas, elle répète sa question. «  Le tribunal voudrait être sûr de comprendre  », «  le tribunal ne comprend pas  », «  la difficulté, Madame, c’est que…  », «  et cela est curieux, Monsieur, c’est que…  ». Et une fois, deux fois, trois fois, cette phrase qui fait frémir celui ou celle qui a un la barre : «  Ce sujet est crucial, je vais y revenir.   »

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Non seulement Caroline Viguier connaît parfaitement le dossier, mais elle entend bien ne pas en laisser la moindre parcelle dans l’ombre. Lorsque, après cinq ou six heures d’interrogatoire, elle les abandonne enfin aux questions des autres parties, les prévenus espèrent souffler un peu. Pas de chance. Caroline Viguier rallume son micro. «  Je m’aperçois que j’ai oublié de vous poser une question.   » Et c’est reparti.

Mais ce n’est pas tout. L’un d’eux s’embourbe-t-il avec de la barre – «  Je n’étais pas à cette réunion  », «  je n’ai jamais pris cette décision  » –, la présidente se tourne illico vers celui ou celle qui, dans le dossier, soutient le contraire. Confrontation. Confirmation par le 2nd. Instant de détresse du premier. Nouvelle offensive entre ma présidente : «  Que répondez-vous à et cela vient d’être dit ?   »

«  A aucun moment vous ne vous interrogez ?   »

Le tout donne à ce procès une atmosphère terriblement vivante. Bien que, depuis lundi 31  mai, ceux qui se succèdent face au tribunal assurent n’avoir rien vu, rien su, du système de fausse facturation mis en place pour dissimuler l’explosion des coûts de campagne du président candidat. Après Fabienne Liadzé, l’ex-directrice financière de l’UMP (devenue Les Républicains), est venu le tour de sellette de Pierre Chassat, qui exerçait les fonctions de directeur adjoint du cabinet de Jean-François Copé et de responsable entre ma communication du parti, et d’Eric Cesari, ex-directeur général de l’UMP.

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Comme celle de Fabienne Liadzé, leur signature figure au niveau des engagements de dépenses qui validaient des «  frais de conventions  » facturés par Event &   Cie à l’UMP en lieu et place de frais de meetings qui auraient dû figurer dans les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

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