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Au cœur de la crise engendrée par le Covid-19, certains espèrent un printemps social

Par Marie Pouzadoux

Publié aujourd’hui à 12h19

Deux fois par semaine, une vingtaine de « gilets jaunes » continuent à se réunir au rond-point des Prés-d’Arènes à Montpellier (Hérault), ici, le 10 avril.

Le printemps sera-t-il social, comme l’espère Philippe Martinez ? Dans le contexte de crise économique et sociale déclenchée par la pandémie de Covid-19, le secrétaire général de la CGT n’est pas le seul à attendre un renouveau de contestation. Après des mois de restrictions sanitaires, des embryons de « gilets jaunes » encore actifs veulent aussi le voir advenir.

Deux ans et demi après le lancement du mouvement, les citoyens qui arborent un gilet jaune chaque semaine sont aujourd’hui moins nombreux. Leur activité ponctuelle et dispersée est relatée sur des groupes Facebook et par la presse quotidienne régionale. De Pau à Montpellier, en passant par Reims, Toulouse et Cambrai, « des dizaines de petits groupes de “gilets jaunes” restent encore actifs sur l’ensemble du territoire », confirme Magali Della Sudda, chargée de recherche en sciences sociales au Centre Emile-Durkheim et coordinatrice de l’Agence nationale de la recherche sur le mouvement.

Myriam, 54 ans, habite à Montpellier. Atsem depuis plus de vingt ans, elle gagne 1 500  euros par mois, et dit travailler 9 h 45 par jour. Son premier slogan lorsqu'elle a rejoint le mouvement des « gilets jaunes » : « Je veux vivre de mon salaire, et ne plus survivre. »

Avec des « gilets jaunes » moins nombreux et restreints dans leur mobilisation par le contexte sanitaire, les ronds-points ont perdu de leur centralité. C’est donc sous d’autres formes d’actions collectives ritualisées, comme des manifestations hebdomadaires, que certains tentent de garder la flamme allumée.

Isabelle Reglioni, 55 ans, participe, elle, avec une dizaine d’autres « gilets jaunes », à « la Grande Marche des oubliés », partie le 19 mars de Montpellier et qui espère arriver le 1er mai à Paris. Le groupe sillonne à pied les routes du centre de la France par villages étapes : un moyen de montrer que les « gilets jaunes » sont toujours là malgré l’essoufflement de la mobilisation. Mais si cette dernière peine à reprendre, Isabelle estime que c’est en raison de la « peur de la répression qui s’est installée depuis 2019 », doublée aujourd’hui de « la peur monétaire de se prendre une amende ».

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Un argument partagé par Odile Maurin, 57 ans, militante pour les droits des personnes handicapées. Figure des « gilets jaunes » toulousains, elle n’a pas pu se mobiliser autant depuis fin 2019, en raison d’une condamnation en première instance à deux mois de prison avec sursis et à l’interdiction de manifester pendant un an, pour avoir blessé deux policiers avec son fauteuil roulant électrique lors d’une manifestation. La militante, qui conteste fermement cette décision dont elle a fait appel, est aussi inquiétée dans deux autres affaires. Elle dénonce ainsi « un acharnement judiciaire discriminatoire visant à étouffer toute mobilisation ».

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