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Au Cambodge, le combat des opposants pour assister à leur propre procès

L’ancienne députée cambodgienne Mu Sochua, à Djakarta, en Indonésie, en novembre 2019.

L’ancienne députée cambodgienne Mu Sochua aura-t-elle le droit d’assister à son propre procès ? A priori, la réponse est non. Le régime du premier ministre Hun Sen au pouvoir depuis vingt-trois ans, qui jugera à partir de jeudi 14 janvier une centaine de membres de l’opposition, accusés notamment de « trahison », a douché les espoirs des accusés ayant choisi l’exil : leur passeport cambodgien a été annulé et ceux qui possèdent une double nationalité ne se verront délivrer aucun visa. S’ils souhaitent se rendre au tribunal, ils devront « trouver eux-mêmes un moyen d’entrer au Cambodge », a déclaré, narquois, Phay Siphan, porte-parole du gouvernement, sur Radio Free Asia.

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Une poignée d’opposants en exil avaient annoncé, en décembre 2020, leur intention de rentrer au pays, trois ans après l’avoir fui pour éviter la prison. Initialement prévu le 4 janvier, leur voyage avait été reporté après l’annulation du vol qui devait les conduire de Los Angeles à Phnom Penh, via Taïwan. « Nous avons alors programmé notre retour le 17 janvier, explique Mu Sochua. Mais encore faut-il que l’on rétablisse la validité de nos passeports, ce qui est un droit pour n’importe quel citoyen. Si nous parvenons à rentrer, nous serons sans doute arrêtés, mais nous sommes soutenus par nos militants. »

Répression féroce

Le régime de Hun Sen, qui a dissous le Parti du sauvetage national du Cambodge en 2017, tente par tous les moyens de diviser l’opposition, très populaire parmi la jeune génération. A l’intérieur du pays, ses sympathisants sont ciblés par une répression féroce. Ses membres les plus en vue, exilés, sont maintenus à distance et semblent même avoir été bannis des pays voisins. En novembre 2019, l’opposant historique Sam Rainsy, qui avait annoncé vouloir rentrer au Cambodge par voie terrestre depuis la Thaïlande, s’était ainsi vu refuser, à Roissy, l’accès à l’avion qui devait le conduire à Bangkok.

Le procès de Phnom Penh, organisé en deux phases, devrait donc s’ouvrir sans ses principaux accusés. Mais tous ceux qui comparaîtront ne sont pas pour autant des anonymes et la figure de Theary Seng, une avocate américano-cambodgienne, pourrait se révéler embarrassante pour le gouvernement. Cette militante des droits de l’homme, ancienne partie civile dans le procès contre les ex-dirigeants khmers rouges, a refusé de s’exiler. Aujourd’hui, elle semble déterminée à démontrer l’iniquité de la procédure qui la vise : « Ce n’est pas un vrai procès, mais une mise en scène politique dans laquelle des acteurs jouent des rôles de juges et de procureurs, avec un scénario déjà écrit », déclare-t-elle.

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