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Attentat de Rambouillet : des hommages rendus à Stéphanie Monfermé

La maire de Rambouillet, Véronique Matillon, entourée des deux filles de Stéphanie Monfermé, lundi, à Rambouillet.

Un millier de personnes à Rambouillet (Yvelines) et des policiers rassemblés devant les commissariats de plusieurs villes de France : lundi 26 avril, des hommages ont été rendus à Stéphanie Monfermé, l’agente administrative assassinée vendredi par un Tunisien de 36 ans radicalisé.

Dans son discours prononcé sur les marches de l’hôtel de ville, la maire (divers droite) de Rambouillet, Véronique Matillon, a loué « la femme exceptionnelle » qu’était Stéphanie Monfermé, qui « a consacré sa vie » aux « autres ». A ses côtés, les filles et l’époux de la victime ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et la ministre déléguée Marlène Schiappa.

« Nous ne fléchirons pas devant une telle abomination », a promis l’édile, qui a passé sa main avec compassion sur le dos de la plus jeune des filles de la victime, en larmes. Trois jours après le choc, plus d’un millier de personnes ont salué la mémoire de Stéphanie Monfermé, même si « ça ne rendra pas leur mère à ses filles », dit en soupirant Claire Auber, retraitée de 72 ans.

A l’appel notamment du syndicat Unité SGP-Police, des fonctionnaires se sont également rassemblés lundi devant les commissariats dans plusieurs villes de France. Devant l’hôtel de police de Marseille, une cinquantaine d’agents ont marqué leur soutien, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

Karine Apavou, membre du Syndicat national indépendant des personnels administratifs techniques, martèle : « On a toujours dit qu’on n’était pas assez valorisés, protégés. On aimerait être traités comme des fonctionnaires actifs », insiste celle qui appelle à une « réflexion » autour « de la protection des agents d’accueil ». « La police est une cible, on meurt d’être policier », dit en tremblant Linda Kebbab, déléguée nationale Unité SGP FO, devant le commissariat du 4e arrondissement de Paris.

« Discrète, souriante, investie »

Comme tous les collègues de la victime, René Tardiff, agent administratif qui a côtoyé durant vingt-six ans Stéphanie Monfermé au sein du commissariat de Rambouillet, doit reprendre mardi le chemin du travail. Sans sa collègue originaire de la Manche, qu’il décrit comme « discrète, souriante, investie ». Une « passionnée » de danse country, qui vivait à Saint-Léger-en-Yvelines avec son époux boulanger et ses deux filles de 13 et 18 ans.

« Je suis parti vendredi à midi, relate-t-il, j’ai dit à Stéphanie : “Bonnes vacances et au 4 mai !” car elle partait en congés la semaine d’après. » Tout a basculé deux heures après le départ de René, à 14 h 25.

Lorsque Stéphanie Monfermé regagne le commissariat après avoir régularisé le disque de stationnement de son véhicule, elle est agressée par un homme qui s’« engouffre derrière elle dans le sas » d’entrée, a décrit dimanche le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard. Il lui a alors porté deux coups de couteau « à l’abdomen et à la gorge » et, selon des témoins, a crié « Allah Akbar ».

La fonctionnaire, qui n’était pas armée, est morte sur place malgré l’intervention des pompiers. L’assaillant, abattu par un policier, a été identifié comme Jamel Gorchene, un Tunisien de 36 ans, à la radicalisation « peu contestable » et présentant « certains troubles de la personnalité », selon M. Ricard, qui a décrit l’attaque comme « la 17e action terroriste islamiste commise en France depuis 2014 contre les forces de l’ordre ».

Un nouveau projet de loi

Vendredi et samedi, quatre personnes ont été placées en garde à vue : le père de Jamel Gorchene, qui habitait avec lui à Rambouillet, un couple habitant dans le Val-de-Marne qui le domiciliait administrativement, et un autre cousin. Dimanche, un autre de ses cousins a également été placé en garde à vue. Le couple a été relâché dimanche en fin de journée « sans poursuite à ce stade », selon une source judiciaire.

Jamel Gorchene, chauffeur-livreur, était dépourvu de casier judiciaire et inconnu des services de renseignement et de la justice. Mais son mode opératoire correspond aux appels récurrents du groupe Etat islamique (EI) à s’attaquer aux forces de l’ordre.

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Cette attaque a replacé la menace terroriste au sommet de l’agenda politique. Un projet de loi qui entérine et renforce des mesures déjà expérimentées en matière de renseignement et d’antiterrorisme sera présenté dès mercredi par Gérald Darmanin en conseil des ministres. Fort de 19 articles, le texte vise à conférer « un caractère permanent » aux mesures expérimentées dans le cadre de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (SILT), votée en octobre 2017 pour sortir de l’état d’urgence en vigueur après les attentats de 2015, explique-t-on au ministère de l’intérieur.

« Du combat engagé contre le terrorisme islamiste, nous ne céderons rien », a tweeté vendredi M. Macron, qui a rendu visite samedi à la famille de la victime, « très bouleversée et très digne », a déclaré l’Elysée.

Le Monde avec AFP

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