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Assurance-chômage : la réforme va toucher plus durement les départements pauvres et les jeunes, selon une étude du PS

Le Parti socialiste (PS) continue sa bataille contre la politique sociale du gouvernement en rendant publique, mardi 8 juin, lors d’une conférence de presse devant une agence de Pôle emploi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), une étude cartographiée des conséquences des nouvelles dispositions prises par décret qui vont toucher les demandeurs d’emploi à partir du 1er juillet. Une manière de rendre palpable, département par département, une réforme de l’assurance-chômage dénoncée comme « injuste », à la veille des élections régionales du 20 et 27 juin.

« Avec les syndicats, cela fait deux ans qu’on alerte sur les conséquences humaines de cette réforme faite à la hache. Nous avons voulu rendre tangibles les réalités territoriales qui en découlent », explique Boris Vallaud, député des Landes, qui a réalisé l’étude avec le secrétaire national aux grandes transitions du PS, Maxime des Gayets. En écho au recours des syndicats devant le Conseil d’Etat pour « atteinte au principe d’égalité », les socialistes estiment qu’avec cette réforme « inique » les conditions d’accès aux droits chômage seront dramatiquement durcies. Avec l’allongement de la durée de travail pour ouvrir des droits et la modification du mode de calcul de l’indemnisation du salaire journalier de référence, « il sera dorénavant plus dur de rentrer dans le dispositif et plus difficile de s’y maintenir », juge Boris Vallaud.

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Cartes à l’appui, le PS fait sa démonstration en s’appuyant sur une note d’impact réalisée par l’Unédic en mars, qui montrait que les nouvelles modalités de calcul allaient se traduire par une baisse moyenne de 17 % des sommes versées pour 1,15 million de demandeurs d’emploi. La simulation par département est particulièrement frappante pour les territoires les plus touchés par le chômage : le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, la Seine-Saint-Denis, le Rhône, la Haute-Garonne, la Gironde ou encore Paris sont dans la fourchette la plus haute, avec entre 25 000 et 30 000 personnes pénalisées par le changement de calcul des allocations. Le territoire le plus gravement touché demeure cependant le Nord avec plus de 50 000 victimes de la réforme. « Ce sont dans les territoires où la situation de l’emploi est déjà dégradée qu’on réalise vraiment les dégâts humains qui se profilent », souligne Maxime des Gayets.

« Une mesure anti-jeunes »

Un autre indicateur alarme les socialistes, celui qui concerne les jeunes de moins de 25 ans. L’Unédic a anticipé une dégradation en estimant que les 18-25 ans représenteront 30 % des chômeurs durement touchés par la réforme. « C’est une mesure anti-jeunes qui va être d’une grande violence, d’autant que le gouvernement refuse l’extension du RSA [aux 18-25 ans] », assure Boris Vallaud. Avant d’ajouter : « Pour être à l’écoute de la jeunesse, il ne suffit pas d’aller discuter avec [les youtubeurs] McFly et Carlito [avec qui Emmanuel Macron a tourné une vidéo], il vaut mieux se soucier des répercussions des choix politiques qui sont faits. »

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