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Arrestation d’anciens membres de l’extrême gauche italienne : un huitième activiste s’est rendu à la justice française

L’un des trois membres de l’extrême gauche italienne qui étaient recherchés en vue d’une extradition, après l’arrestation de sept autres anciens activistes italiens mercredi, s’est rendu à la justice française jeudi 29 avril au matin, a annoncé une source judiciaire française, confirmant une information de l’agence de presse italienne ANSA.

Luigi Bergamin, qui fut membre des Prolétaires armés pour le communisme, « s’est rendu de lui-même avec son avocate à la cour d’appel ce matin » à Paris, a expliqué la source judiciaire, alors que sept anciens membres de l’extrême gauche italienne en France réclamés par l’Italie ont été arrêtés mercredi, et que deux sont encore recherchés.

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Cet Italien d’environ 70 ans avait vu la justice française refuser son extradition au début des années 1990. Il était réclamé par l’Italie pour assassinats, détention d’armes, fabrication et détention d’explosifs. Selon la presse italienne, il est considéré comme l’un des commanditaires de l’assassinat en 1978 d’Antonio Santaro, un gardien de prison tué par l’écrivain Cesare Battisti.

« Années de plomb »

Sept anciens membres de l’extrême gauche italienne, et notamment des Brigades rouges, ont été interpellés mercredi matin. Cette opération, annoncée par l’Elysée, a été menée à la demande des autorités italiennes et visait au total dix personnes réfugiées en France, toutes condamnées en Italie pour des actes de terrorisme commis dans les années 1970 et 1980.

L’opération a été vivement saluée par les autorités italiennes, mais dénoncée en France par les avocats des interpellés, par la Ligue des droits de l’homme ou par le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon.

L’extradition de militants venus se réfugier en France après les « années de plomb », marquées par des attentats et des violences des Brigades rouges et d’autres groupes, surtout entre 1968 et 1982, est une demande de l’Italie depuis des années, à laquelle la France n’avait quasiment jamais accédé.

« Depuis les années 1980, ces gens-là sont sous la protection de la France, ils ont refait leur vie ici depuis trente ans, sont installés au vu et au su de tous, avec leurs enfants, leurs petits-enfants… et, au petit matin, on vient les chercher, quarante ans après les faits ? », s’est indignée l’avocate de cinq des sept personnes interpellées mercredi en France, Me Irène Terrel.

De sources proches du dossier, les huit Italiens étaient présentés jeudi à la justice après avoir été auditionnés par la police antiterroriste mercredi. La cour d’appel de Paris doit décider dans la journée s’ils seront laissés libres sous contrôle judiciaire ou incarcérés dans l’attente de l’examen des demandes d’extraditions italiennes, selon ces sources. Une première audience publique est prévue mercredi 5 mai.

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Le Monde avec AFP

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