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Après l’attentat de Vienne, l’Autriche veut interdire « l’islam politique »

Les ministres autrichiens Karl Nehammer (intérieur) et Susanne Raab (intégration), le  6 novembre à Vienne.

L’expression ne figure pas stricto sensu dans le projet de loi qui a été présenté par le gouvernement écolo-conservateur autrichien mercredi 16 décembre. Mais il s’agit « très clairement » de « combattre l’islam politique », qui est « le terreau du terrorisme », a martelé la ministre des femmes et de l’intégration, la conservatrice Susanne Raab, en présentant un « paquet antiterroriste » destiné à réagir à l’attentat de Vienne du 2 novembre, qui a fait quatre morts. Présenté un mois et demi après, ce projet est destiné à interdire toute organisation prônant une vision radicale de l’islam, comme l’avait promis le chancelier conservateur Sebastian Kurz.

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« L’extrémisme religieux, et tout d’abord la charia, menace notre démocratie et n’a pas de place en Autriche », a ainsi expliqué la ministre, avant d’affirmer que « celui qui essayerait d’établir un tribunal de la charia ou de terroriser les gens dans les rues avec une police de la charia, comme on a pu le voir en Allemagne, devra bientôt en répondre devant les juges ».

A ses côtés le ministre de l’intérieur, Karl Nehammer, également conservateur, a notamment estimé que le texte pourrait servir contre « les Frères musulmans qui soutiennent le Hamas ». A la différence de ce dernier qui figure sur les listes antiterroristes européennes, cette mouvance conservatrice d’origine égyptienne n’est jusqu’ici interdite dans aucun pays du Vieux Continent, mais elle est depuis longtemps sur le radar de la droite et de l’extrême droite européenne.

Création d’un nouveau délit

Si le terroriste austro-macédonien du 2 novembre avait prêté allégeance à l’organisation Etat islamique, il n’avait toutefois aucun lien connu avec les Frères musulmans. Quelques jours après l’attentat, la police autrichienne a bien mené des dizaines de perquisitions dans les milieux liés aux Frères musulmans, mais elles n’ont débouché jusqu’ici sur aucune mise en examen. Concrètement, le projet de loi présenté mercredi prévoit de créer un nouveau délit qui punit jusqu’à deux ans de prison la création d’une « association extrémiste à motivation religieuse ». Celle-ci est définie comme « une association qui vise à remplacer les éléments essentiels de l’ordre constitutionnel démocratique de la République par un ordre social et étatique fondé exclusivement sur la religion ».

Le texte ne mentionne pas de religion particulière pour éviter le risque d’inconstitutionnalité et faire passer la pilule aux alliés écologistes de M. Kurz. Lors de la conférence de presse, la ministre de la justice, l’écologiste Alma Zadic, a défendu ainsi une solution « conforme aux droits fondamentaux », en refusant, elle, de parler une seule fois « d’islam politique ». Les Verts insistent pour dire que le paquet antiterroriste prend aussi pour cible l’extrême droite, alors que la police autrichienne a annoncé samedi 12 décembre avoir découvert un arsenal de près de cent armes automatiques et semi-automatiques dans ces milieux. Les symboles du mouvement identitaire seront désormais prohibés en Autriche.

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