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Après des semaines de violences, la Nouvelle-Calédonie toujours dans l’impasse

Opération de blocage à Nouméa, le 7 décembre.

Une fragile trêve s’annonce dans la mobilisation engagée en Nouvelle-Calédonie par le collectif Usine du Sud = usine pays et l’Instance coutumière autochtone de négociation (ICAN), soutenus par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE), contre la cession de l’usine hydrométallurgique Vale NC située dans la province Sud. L’heure est venue de tirer un premier bilan.

La Nouvelle-Calédonie a vécu, ces dernières semaines, au rythme des barrages et des blocages, d’affrontements parfois violents entre les indépendantistes les plus déterminés, notamment aux abords de l’usine du Sud lors de plusieurs tentatives d’intrusion sur le site industriel, et les forces de l’ordre, contraignant ces dernières à tirer à balles réelles. S’il n’y a pas eu de victimes à déplorer, d’importants dégâts matériels sont à déplorer, l’usine Vale NC est à l’arrêt et sous protection policière, et les violences commises ont ravivé la hantise des événements des années 1980.

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Deux constats s’imposent. Tout d’abord, l’avenir de l’usine du Sud, adossée au riche et stratégique gisement de nickel et de cobalt de Goro, n’est toujours pas réglé, malgré l’annonce par Vale NC, le 9 décembre, d’un accord ferme avec le consortium Prony Resources, agrégeant des « intérêts calédoniens », à hauteur de 50 %, et internationaux, dont le groupe suisse Trafigura, négociant en matières premières, qui en détiendrait 25 %. Plus largement, ce sont les trois grandes usines métallurgiques du pays – l’historique Société Le Nickel (SLN) et Vale NC au sud, Koniambo Nickel SAS (KNS) au nord – qui sont en grand danger. L’industrie du nickel est en péril, alors qu’elle génère près de 10 000 emplois et que la Nouvelle-Calédonie détient en son sous-sol un quart des ressources mondiales.

Deuxième constat : le processus politique amorcé par le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, dans la perspective d’un éventuel troisième référendum sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté, qui devrait avoir lieu au plus tard en octobre 2022, est enlisé. A l’issue d’un déplacement sur le territoire de trois semaines en octobre, il était parvenu à remettre autour de la table les principaux acteurs politiques calédoniens – indépendantistes et loyalistes –, lors d’une rencontre à huis clos sur l’îlot Leprédour. Ce « format Leprédour » avait vocation à baliser le processus référendaire jusqu’à la date du 4 avril 2021, à partir de laquelle un tiers des membres du Congrès de Nouvelle-Calédonie pourra demander la tenue d’une troisième consultation, comme le prévoit l’accord de Nouméa du 5 mai 1998. La précédente, qui s’est tenue le 4 octobre, a vu le non une nouvelle fois l’emporter par une faible majorité de 53,3 %, contre 46,7 %.

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