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Alcool, tabac, drogues, médicaments… les addictions, dégât collatéral de la crise sanitaire

« Il y a deux choses qui m’ont alerté : je commençais à boire le matin et à cacher des verres, des bouteilles… », raconte Alexis (tous les prénoms ont été changés). Ce mercredi de janvier, ce quadragénaire parisien est venu en consultation au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) Rabelais de Montreuil (Seine-Saint-Denis), où il est suivi depuis quelques mois. Cette structure a pour mission, à l’instar des quelque 500 antennes Csapa sur le territoire, « l’accueil gratuit, anonyme et inconditionnel des publics consommateurs de substances », résume Géraldine Talbot, sa responsable.

Lucie, enseignante de 42 ans, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 25 janvier.

Pour Alexis, publicitaire et père d’un jeune enfant, tout a dérapé lors du premier confinement, au printemps 2020. En quelques semaines, sa consommation de vin, « déjà un peu au-dessus des recommandations officielles », souligne-t-il, double. Carburant, béquille, l’alcool devient une obsession. Après un mieux au déconfinement, il replonge avec le deuxième confinement et le retour du télétravail. La prise en charge au Csapa porte désormais ses fruits : « On fixe des objectifs tous les mois, ça pousse à se bouger », se réjouit Alexis, en phase avec l’approche de consommation raisonnée qui lui a été proposée.

Ne pas renoncer complètement à l’alcool mais retrouver sa consommation d’avant, c’est aussi le but de Lucie. Comme Alexis, ce sont la pandémie et les bouleversements de la vie quotidienne qui ont fait basculer dans l’excès cette tout juste quadragénaire, à la vie sociale « très riche ». Privée de danse, sa « bulle d’oxygène », et de sorties, contrainte de donner ses cours face à un écran, l’enseignante s’est mise à boire seule pour combler le vide.

Du vin et du rhum. De plus en plus. Elle se tourne vers son entourage… qui minimise. « Moi, j’ai eu la chance de m’inquiéter, mais ce sont les professionnels qui m’ont aidée, pas mes proches, estime Lucie. Pour l’alcool, beaucoup se voilent la face à cause du côté festif, culturel. » Mi-mai, en cherchant une aide sur Internet, elle a pris contact avec le Csapa Rabelais de Montreuil. Elle se sent « soutenue, accompagnée ». Lucie n’a pourtant jamais vu sa psychologue qu’à travers un écran. « C’est plus pratique en visio », dit-elle.

Ne pas perdre le lien

Au Csapa de Montreuil comme ailleurs, la crise sanitaire a fait émerger et se développer les consultations à distance. Au début du premier confinement, elles ont même été le seul moyen pour l’équipe – une dizaine de personnes dont trois médecins, quatre psychologues et une éducatrice spécialisée – de ne pas perdre le lien. Désormais, les professionnels panachent leur activité entre consultations sur place et à distance, s’organisent pour limiter les effectifs dans les locaux.

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