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Afghanistan : les talibans appellent les anciens interprètes afghans à rester dans le pays

Nazir Ahmad, un ancien interprète pour l’armée britannique en Afghanistan, accorde une interview à l’Agence France-Presse, le 19 mai 2021, à Kaboul. Il explique craindre pour sa vie à l’approche du départ des troupes étrangères.

Alors que le retrait des troupes américaines d’Afghanistan doit commencer à partir du 4 juillet, la crainte d’une offensive des talibans est de plus en plus redoutée dans le pays. Avec, également, de vives inquiétudes quant au sort des interprètes afghans qui ont travaillé avec des forces internationales, et qui craignent de faire l’objet de représailles.

Les talibans ont assuré dans un communiqué, lundi 7 juin, que ces Afghans « ne [courraient] aucun danger de leur part » . Ils les appellent à « se repentir » :

« Un nombre important d’Afghans s’est fourvoyé au cours des dernières vingt années d’occupation et ont travaillé avec les forces étrangères comme interprètes, gardes ou autre (…). L’Emirat islamique veut leur dire qu’ils devraient exprimer des remords pour leurs actions passées et ne plus s’engager dans de telles activités à l’avenir, qui s’apparentent à une trahison contre l’islam et leur pays. »

Les Etats-Unis et l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont entamé le 1er mai un retrait définitif d’Afghanistan qui doit être achevé pour le vingtième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. Mais le retrait des troupes américaines, présentes depuis vingt ans dans le pays, a été discrètement avancé au 4 juillet.

Avec ce retrait accéléré des troupes étrangères, des milliers de traducteurs et interprètes des ambassades et des forces militaires occidentales se ruent vers les consulats en espérant obtenir un visa d’immigration, par crainte de représailles si les talibans revenaient au pouvoir à Kaboul.

« Nous les voyions comme nos ennemis, mais dès lors qu’ils abandonneront les rangs de l’ennemi ils redeviendront des Afghans ordinaires dans leur patrie et ne devraient pas avoir peur », ont déclaré les talibans, qui invitent ces interprètes « à revenir à une vie normale et à servir leur pays ».

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Nombre de visas réduits vers les Etats-Unis

Les visas accordés pour les Etats-Unis se sont drastiquement réduits ces dernières années, des responsables américains affirmant que certains extrémistes se faisaient passer pour des traducteurs.

Selon l’ambassade américaine à Kaboul, environ 18 000 Afghans attendent toujours que leur demande soit traitée, et un nombre équivalent de salariés afghans a déjà reçu un visa en vingt ans, selon un rapport de l’université Brown. Le gouvernement britannique a affirmé récemment vouloir accélérer la relocalisation de son personnel afghan : 1 358 Afghans ont été acceptés par Londres et plus de 3 000 personnes supplémentaires devraient bénéficier de ce programme.

Après le retrait de l’armée française du pays à la fin 2012, nombre d’interprètes ont fait état de menaces et continuent de réclamer un visa pour Paris, mais un peu moins de la moitié des 770 personnels employés à l’époque en ont obtenu un. Par ailleurs, la France a commencé à la fin mai à octroyer une centaine de visas aux employés de l’ambassade et autres services officiels français à Kaboul, ainsi qu’à leurs proches.

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Le Monde avec AFP

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