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Affaire Noyer : le premier procès de Nordahl Lelandais s’ouvre à Chambéry

L’avocat de la famille Noyer, Bernard Boulloud, devant les journalistes, avec les parents et le frère de la victime, Arthur Noyer, le 30 avril, à Chambéry.

Nordahl Lelandais, 38 ans, comparaît à partir de lundi 3 mai devant la cour d’assises de la Savoie, pour le meurtre, dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 à Chambéry, d’Arthur Noyer, caporal du 13Bataillon de chasseurs alpins (BCA) âgé de 23 ans, qui fut sa première victime. Le procès pour le meurtre de la petite Maëlys de Araujo, 8 ans, fait divers retentissant survenu cinq mois plus tard à Pont-de-Beauvoisin (Isère), et qui a fait de Nordahl Lelandais l’une des figures marquantes de l’histoire criminelle récente, se déroulera à Grenoble en 2022.

Pourquoi deux procès ? Des sources judiciaires – savoyardes et iséroises – ont fait état à l’Agence France-Presse d’un « manque de communication » entre les cours d’appel de Chambéry et de Grenoble, et de certains « ego » ayant empêché la jonction des deux dossiers. Contactés par Le Monde, le parquet général de Chambéry et le parquet de Grenoble ont préféré ne pas s’exprimer sur le sujet avant l’ouverture des débats. Bernard Boulloud, avocat de la famille Noyer, réfute l’idée d’une rivalité entre juridictions, affirmant que la tenue de deux procès distincts était « une demande des familles », de sorte que « chaque victime ait son procès ».

Chaque victime aura donc son procès. Mais comment Maëlys pourrait-elle ne pas occuper les esprits et les débats lors du « procès Noyer », tant les deux dossiers sont liés l’un à l’autre ? L’enquête sur la disparition de la petite fille avait en effet permis l’avancée décisive de celle sur la disparition du jeune caporal qui, au bout de cinq mois, n’avait mené à aucun suspect.

La gendarmerie de Chambéry était, certes, parvenue à retracer le parcours d’Arthur Noyer avant sa disparition. Une caméra municipale l’avait filmé une dernière fois à 2 h 56 le 12 avril 2017, titubant dans un quartier festif du centre-ville où il avait passé la soirée. Son téléphone portable avait ensuite activé des bornes situées dans les villages alentour à des horaires rapprochés, démontrant qu’il s’était éloigné de Chambéry en voiture. La vidéosurveillance de la zone faisait apparaître à plusieurs reprises une Audi A3 dans les mêmes créneaux horaires et aux mêmes lieux qu’Arthur Noyer. Des vérifications avaient été lancées, lentes : la Savoie abritait alors plus de 2 900 propriétaires d’Audi A3.

Lire aussi Affaire Maëlys : les aveux incomplets de Nordahl Lelandais

Nombreuses similitudes

En septembre 2017, l’enquête sur Maëlys permettait de découvrir que le principal suspect de l’enlèvement de la jeune fille – Nordahl Lelandais n’avait pas encore avoué l’avoir tuée –, en possédait lui-même une, qui présentait de nombreuses similitudes avec celle ayant « suivi » Arthur Noyer la nuit de sa disparition. Les téléphones portables de Nordahl Lelandais étaient alors sondés : ils s’étaient trouvés aux mêmes endroits et aux mêmes heures que celui d’Arthur Noyer la nuit des faits.

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