Actualités

Affaire « Haurus » : six personnes renvoyées devant la justice

Difficile de faire profils plus variés. Il y a là un brigadier d’une unité antiterroriste de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mais aussi un étudiant en droit, un chômeur vivant dans un village reculé du Lot, faussaire à ses heures perdues, un membre du grand banditisme marseillais, un détective privé et, enfin, un fils de gendarme passionné d’informatique. Voilà le « casting » atypique des six prévenus amenés à s’expliquer, du 15 au 18 juin, devant le tribunal correctionnel de Nanterre, dans le cadre de l’affaire « Haurus », pseudonyme choisi par un policier de la DGSI pour vendre des informations confidentielles sur le dark Web, la face obscure – et souvent illégale – de l’Internet public. Une affaire de tricoche comme la police en connaît depuis toujours, cette fois dans une version 2.0.

Les deux juges d’instruction chargées du dossier ont demandé, dans une ordonnance en date du 1er avril que Le Monde a pu consulter, le renvoi de ces six protagonistes devant le tribunal correctionnel. Policier en poste à la DGSI lors de son interpellation, le 24 septembre 2018, Christophe B. comparaîtra notamment pour « détournement de la finalité de fichiers et escroquerie par personne dépositaire de l’autorité publique », « fourniture et usage de faux administratifs », « contrefaçon de chèques » et « tentative d’extorsion ».

Il est reproché à celui qui se faisait appeler « Haurus » sur le dark Web d’avoir vendu en toute illégalité à ses « clients », détective privé ou voyou multirécidiviste, des informations confidentielles auxquelles il avait accès par sa fonction – appelées « dox » –, « telles que des numéros de téléphone, (…) de plaques d’immatriculation, géolocalisation de lignes téléphoniques, informations sur les permis de conduire, les passeports, les contrôles judiciaires de personnes mises en examen, les lieux de détention ou de pointage de celles-ci, des adresses, des déclarations fiscales »…

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Enquête sur les dérives d’« Haurus », le policier ripou qui faisait des affaires sur le dark Net

« Il est établi, écrivent les deux magistrates dans leur ordonnance, que Christophe B. a, a minima, effectué 382 recherches illégitimes auprès de la PNIJ [Plate-forme nationale des interceptions judiciaires] ». Les enquêteurs ont par ailleurs retrouvé sur l’une des clés USB du brigadier « 190 commandes, lesquelles pouvaient impliquer plusieurs types de recherches sur différents fichiers ». A son domicile a été retrouvé du matériel servant à fabriquer de faux documents d’identité. Afin d’expliquer ses actes, Christophe B. a avancé son surendettement et manié les paradoxes. Plutôt qu’à rembourser ses dettes, l’argent récolté illégalement lui a servi à financer des voyages avec son compagnon, à la Martinique ou en Italie.

Il vous reste 67.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top