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A Téhéran, l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe à nouveau condamnée

Aux mains de la justice iranienne depuis 2016, l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été condamnée à une nouvelle peine d’un an de prison, a fait savoir, lundi 26 avril, un de ses avocats à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information de l’ONG Amnesty International et des médias britanniques. Mme Zaghari-Ratcliffe écope, en outre, d’un an d’interdiction de quitter l’Iran après sa libération, a ajouté Me Hojjat Kermani. « Le verdict est encore préliminaire et nous faisons appel dans le délai légal de vingt jours à compter d’aujourd’hui », a-t-il précisé.

« Ce n’est pas normal du tout », s’est indigné le premier ministre britannique, Boris Johnson, qui a assuré que Londres comptait « travailler très dur » pour obtenir sa libération. « C’est une décision complètement inhumaine et injustifiée », a abondé le chef de la diplomatie, Dominic Raab, dans un communiqué.

Chef de projet pour la Fondation Thomson Reuters, branche philanthropique de l’agence de presse du même nom, Mme Zaghari-Ratcliffe, 42 ans, a été arrêtée en 2016 à Téhéran, où elle venait de rendre visite à sa famille. Accusée d’avoir ourdi un complot pour renverser la République islamique – des allégations qu’elle nie farouchement –, elle a été condamnée à cinq ans de prison.

Elle a achevé de purger sa peine en résidence surveillée le 7 mars. Et a depuis comparu pour « propagande contre le système [politique de la République islamique], pour avoir participé à un rassemblement devant l’ambassade d’Iran à Londres en 2009 », selon son avocat.

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« Tactique de négociation »

Ce dossier alimente depuis des années les tensions entre Londres et Téhéran. Sur la BBC, son mari, Richard Ratcliffe, voit dans cette nouvelle condamnation « une tactique de négociation » pour sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

Dans le passé, il avait estimé que sa femme était l’« otage » d’un jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni lorsque le chah lui avait acheté pour 400 millions de livres (467 millions d’euros) de chars. Londres avait ensuite refusé de les livrer lorsque le dirigeant a été évincé en 1979, conservant, cependant, l’argent.

Mi-mars, l’ONG britannique Redress avait jugé dans un rapport que Mme Zaghari-Ratcliffe souffrait d’un stress post-traumatique grave après avoir subi des « mauvais traitements » et qu’elle devait donc être reconnue par Londres comme « victime de torture ». Les autorités iraniennes ont toujours nié des maltraitances à son endroit.

Téhéran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, a toujours refusé au Royaume-Uni un accès consulaire à Mme Zaghari-Ratcliffe pendant qu’elle était en prison et rejette les appels de Londres à sa libération comme des ingérences dans ses affaires intérieures.

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Le Monde avec AFP

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