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A Rouen, bataille politique autour d’une autoroute à péage

A quatre mois des élections régionales et départementales, prévues les 13 et 20 juin, la bataille politique entre la gauche et la droite s’intensifie en Seine-Maritime. Elle se cristallise autour d’un très vieux projet d’autoroute à péage à Rouen, un temps bouclé, mais désormais remis en cause.

Ces 41,5 kilomètres de bitume devaient relier, d’ici à 2024, les autoroutes A13 et A28, en contournant la capitale normande par l’est. Au terme de près d’un demi-siècle de palabres, l’Etat, maître d’ouvrage, avait accepté de financer une partie de ce projet d’autoroute, un des rares inscrits dans la loi d’orientation des mobilités, fin 2019. « Mais nous ne souhaitons pas avancer contre les collectivités locales », a assuré la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, mercredi 17 février, au Sénat.

En effet, le revirement de la Métropole Rouen Normandie a rebattu les cartes : elle a voté le retrait de sa contribution de 66 millions d’euros, le 8 février, arguant de « l’urgence climatique », des « impacts écologiques fonciers » du projet, et des « incertitudes liées à sa modélisation (péage au coût élevé) et à son impact réel » en termes de circulation. L’intercommunalité rouennaise sort ainsi du tour de table financier obtenu en 2017. Il réunissait alors la région Normandie, le département de Seine-Maritime, la métropole, l’Etat et le futur concessionnaire, pour un total de 886 millions d’euros.

« Posture électoraliste »

La volte-face du nouveau maire de Rouen et président de la métropole, le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, est à l’origine de ce dédit. Jadis soutien du projet, l’élu a changé d’avis lors de la campagne municipale. « Parce que le monde a changé et que, je l’avoue, j’avais sous-estimé l’importance de l’enjeu climatique », assume le quadragénaire, qui a réussi à entraîner sur sa ligne les élus socialistes métropolitains, anciens fabiusiens et longtemps promoteurs du projet.

Loin de croire à la sincérité du socialiste, la droite, le centre, les macronistes et le milieu économique rouennais fustigent une « tambouille politicienne » et un accord passé entre le Parti socialiste (PS) et Europe-Ecologie Les Verts, opposant historique au projet avec qui le PS a fait alliance à la mairie de Rouen. « Je me suis exprimé bien avant tout accord électoral », rétorque Nicolas Mayer-Rossignol.

Région et département ont annoncé leur intention de compenser le retrait financier de la métropole en augmentant leur apport initial

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