Actualités

A Perpignan, Louis Aliot a rouvert quatre musées municipaux

Des visiteurs parcourent l’exposition « Portraits de reines de France », le 9 février, au musée Hyacinthe Rigaud à Perpignan.

Louis Aliot, le maire Rassemblement national (RN) de Perpignan, s’est offert un beau coup politique en rouvrant, mardi 9 février, quatre des musées de sa ville – les arrêtés municipaux qu’il a pris la veille sont évidemment illégaux, les musées français ont été fermés par un décret du 29 octobre 2020, il faut un autre décret du gouvernement pour les rouvrir, et le préfet des Pyrénées-Orientales a saisi, dès lundi, le tribunal administratif de Montpellier. Mais l’audience en référé n’est prévue que lundi 15 février, et Perpignan sera ainsi la seule ville de France qui aura ouvert ses musées pendant une semaine en pleine période de restrictions liées à l’épidémie de Covid-19.

Le maire est venu en personne inaugurer la réouverture du Musée Hyacinthe-Rigaud, un portraitiste du XVIIe siècle, et, à 15 heures, mardi, 127 visiteurs étaient déjà passés. « C’est une chose qu’on aurait dû faire depuis longtemps, a déclaré, lundi, Louis Aliot. Mme Bachelot a entrouvert une porte dans laquelle nous nous faufilons. » Il assure que toutes les précautions sanitaires ont été prises, gestes barrières, gel hydroalcoolique, 10 mètres carrés par personne, attente à l’extérieur, sens de la circulation, et entrée gratuite.

Lire le récit : Les musées, premiers à rouvrir en cas de « décrue » de l’épidémie de Covid-19

« Ce n’est pas un risque, bien au contraire, c’est un signe d’espoir, envoyé à tous ceux qui tentent aujourd’hui de maintenir un semblant de vie sociale et culturelle », dit Louis Aliot. Le maire, comme Robert Ménard, à Béziers (Hérault), et trois autres communes de la région, avait déjà pris des arrêtés, en octobre 2020, pour autoriser l’ouverture des commerces, en ville ; des arrêtés annulés un mois plus tard.

Budgets culture maintenus

C’est néanmoins politiquement bien joué pour le maire de Perpignan. Le candidat, soutenu par le RN, qui l’a emporté d’un peu plus de 53 % aux dernières élections municipales, était loin d’être le bienvenu dans le petit monde culturel. Jean-François Leroy, le directeur du festival Visa pour l’image, n’a jamais caché son aversion pour l’extrême droite. « Se barrer serait à mon sens trop facile, avait-il dit en septembre 2020. J’en suis à chercher la meilleure stratégie à adopter face à un homme indéniablement intelligent. »

Lire l’enquête (en juillet 2020) : A Perpignan, la question de la coexistence entre artistes et municipalité RN

Louis Aliot a eu la finesse de faire savoir, dès août 2019, qu’il continuerait à soutenir le festival, alors que les premiers maires du Front national commençaient par expurger les bibliothèques, à Orange (Vaucluse), Vitrolles (Bouches-du-Rhône) ou Toulon. Le festival « est une vitrine culturelle magnifique pour notre ville, avait déclaré le candidat. « Et un emblème pour la défense des libertés dans le monde, auxquelles je suis particulièrement attaché », avait-il ajouté. Sans la mairie, Visa aurait du mal à survivre : la ville est son premier financeur public, elle fournit les lieux, le personnel d’entretien, le gardiennage, les chauffeurs…

Il vous reste 38.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top