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A Paris, rendez-vous « quai Jacques-Chirac » et « promenade Gisèle-Halimi »

Ces deux-là étaient comme chien et chat. Adversaires un jour, amis le lendemain, brouillés peu après, avant de se réconcilier. Morts à dix mois d’écart en septembre 2019 et juillet 2020, Jacques Chirac et Gisèle Halimi devraient bientôt être durablement reliés dans la topographie parisienne. Le conseil municipal, qui se réunit du 13 au 16 avril, s’apprête à donner leurs noms à deux voies situées de part et d’autre du pont de l’Alma, dans le très chic 7e arrondissement.

Dans les deux cas, les élus semblent prêts à une nouvelle entorse à la règle qui interdit d’attribuer le nom d’une personnalité à une voie parisienne dans les cinq ans suivant son décès, afin de ne pas agir sous le coup de l’émotion. Lors des débats sur la création d’une rue Samuel-Paty, en novembre 2020, les Verts avaient rappelé ce principe édicté en 1932, suscitant une violente polémique avec la maire Parti socialiste (PS) Anne Hidalgo. En mars, nouvelle passe d’armes au conseil, cette fois-ci à propos d’une place Claude-Goasguen, votée malgré l’opposition des écologistes, très critiques à l’égard de l’ancien maire du 16e arrondissement, mort en 2020. « La vérité, c’est ce que la règle des cinq ans a, de fait, sauté », constate un des adjoints d’Anne Hidalgo.

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Jacques Chirac et Gisèle Halimi provoqueront-ils de nouvelles étincelles ? A l’ex-président de la République, les grands honneurs. Une longue portion du quai Branly, du pont de l’Alma jusqu’au pont d’Iéna, sera renommée « quai Jacques-Chirac ». « Il convenait de trouver un lieu digne de lui, faisant écho à sa personnalité et à son engagement », explique Anne Hidalgo dans le projet de délibération. Le quai Branly, où se trouve déjà le Musée du quai Branly-Jacques-Chirac, semblait tout indiqué. « Sans son action volontariste, ce projet de musée n’aurait pas été mené à bien, ajoute l’élue PS. Et nous connaissons tous sa passion pour les arts premiers. »

« Comme un frère »

Hommage plus modeste pour l’ancienne avocate et figure du féminisme. En contrebas du pont de l’Alma, une partie des berges de la Seine, jusqu’au pont des Invalides, deviendra « promenade Gisèle-Halimi ».

« Je peux vous appeler Gisèle ? A condition que vous m’appeliez Jacques. » Dans Le Lait de l’oranger (Gallimard, 1988), Gisèle Halimi raconte sa rencontre inattendue avec Jacques Chirac, en 1975, et la relation en dents de scie qui a suivi. A priori, tout sépare la militante féministe de gauche et le premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing. Mais quand le père de Gisèle Halimi, très malade, lui dit que la Légion d’honneur lui ferait plus plaisir que tout, elle n’hésite pas, et sollicite un rendez-vous à Matignon. Elle découvre alors un homme ouvert, attentif, prêt à l’aider, et tombe sous le charme. « Je crois bien que j’ai aimé d’amitié Chirac, ce jour-là. Comme un frère que je me serais choisi. » Leur complicité se renforce encore lorsque le premier ministre accepte de remettre lui-même le « hochet », lors d’une petite cérémonie privée, à domicile, en présence de Simone Veil.

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