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A Paris, la création d’une police municipale votée avec les voix de l’opposition

Des gendarmes tentent de disperser les Parisiens rassemblés le long de la Seine, à Paris le 27 février 2021.

Le projet d’une police municipale parisienne , promesse de la maire Anne Hidalgo (Parti socialiste) aux municipales de 2020, a été adopté, mercredi 2  juin, à 114  voix contre 30, grâce aux voix de l’opposition mais sans celles des alliés écologistes et communistes.

M me  Hidalgo, qui s’était ralliée à l’idée en  2019 – un an avant d’être réélue – a salué une «  décision historique  » alors que la police municipale est «  partout ailleurs en France une évidence du quotidien  » . Dans une capitale qui n’a pu choisir son maire au suffrage universel qu’à partir de 1977, «  cette décision marque un nouveau pas dans l’évolution du statut de notre ville vers le droit commun des communes  » , a-t-elle encore souligné, alors que l’édile pourrait se déclarer candidate à la présidentielle de 2022.

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La promulgation fin mai de la loi dite de sécurité globale , même partiellement censurée, a permis de mettre fin à cette exception historique. Les premiers policiers municipaux, équipés d’un gilet pare-balles, d’une gazeuse, d’une matraque, de menottes et d’une caméra mais pas d’arme létale, seront opérationnels dès la rentrée de septembre, par vague de 200 ayant satisfait aux sessions de formation.

Répartis dans 17  divisions d’arrondissement, les policiers parisiens pourront verbaliser dépôts sauvages, épanchements d’urine, jets de mégots, nuisances sonores, déjections canines, stationnements gênants ou encore débords de terrasses. L’objectif de la mairie est de passer de 3  300  agents, aujourd’hui actifs au sein de la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP), à 5  000 pour les Jeux olympiques de 2024 .

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Soutiens à droite, critiques à gauche

Les élus de droite, qui réclamaient cette police municipale «  depuis de nombreuses années  » , ont voté le projet tout en soulignant ses nombreux défauts. «  Un policier sans arme, c’est une cible  » , a ainsi estimé la députée Brigitte Kuster (Les Républicains, LR). En l’absence de «  prérogatives supplémentaires  » par rapport à la DPSP, elle «  n’aura de police que le nom  » , a quant à lui déploré Nicolas Jeanneté (Les Centristes).

Pour le maire du XV arrondissement Philippe Goujon (LR), cette police municipale «  ne comptera pas 5  000  policiers  » comme annoncé «  mais seulement 3  400, le solde étant composé de médiateurs et de simples agents de surveillance  » . «  L’ensemble de ces 5  000  agents concourent à la tranquillité publique  » , lui a répondu Nicolas Nordman, adjoint à M me  Hidalgo à la sécurité et défenseur du projet, citant l’exemple des rixes lors desquelles les médiateurs interviennent en amont.

Craignant un désengagement de la police nationale, écologistes et communistes ont voté contre. La police municipale «  ne répondra pas aux problèmes de sécurité publique  » , a dit Fatoumata Koné (Europe Ecologie-Les Verts), qui dénonce le «  transfert de compétences de l’Etat vers les collectivités territoriales  » sans «  les moyens financiers ou assiettes fiscales  » . «  Tous les maires communistes  » qui ont mis en place une police municipale «  m’ont confirmé que ces créations entraînaient un retrait de l’Etat dans ses missions de sécurité  » , a également assuré Nicolas Bonnet-Oulaldj (Parti communiste français).

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Le Monde avec AFP

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