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A Paris, cet élu qui refuse de toucher 50 000 euros par an

Etre motivés par l’appât du gain : s’il est un reproche qu’Agnès Evren et Pierre Casanova ne peuvent encourir, c’est bien celui-ci. A Paris, ces deux élus d’opposition n’ont pas perçu la moindre indemnité depuis leur élection en juin, contrairement aux 161 autres membres du conseil municipal. Pour Agnès Evren (Les Républicains), rien que de logique : elle bénéficie déjà, comme députée européenne, du maximum prévu par la loi pour l’ensemble des mandats publics. « Depuis mon élection au Parlement européen, je ne perçois plus rien du Conseil de Paris ni de la Métropole, sinon parfois 12 ou 14 centimes, confirme la présidente de la fédération LR de Paris. Non, vraiment, je ne siège pas dans ces deux instances pour l’argent… »

La situation de Pierre Casanova est plus curieuse. Ce membre du MoDem ne touche rien, car il en a fait lui-même la demande expresse. En principe, il aurait pu recevoir 25 414 euros brut pour les six premiers mois de son mandat, comme les autres conseillers de Paris, l’indemnité grimpant jusqu’à 64 976 euros pour la maire Anne Hidalgo (dont 9 750 euros de frais de représentation).

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Par son geste, il fait donc une croix sur plus de 50 000 euros brut par an. Une démarche exceptionnelle. « Je n’ai pas eu connaissance d’un cas similaire dans le passé », commente Patrick Bloche, élu à l’Hôtel de ville depuis 1995 et aujourd’hui adjoint chargé notamment du fonctionnement du Conseil de Paris.

« Une décision personnelle »

A 52 ans, Pierre Casanova ne veut surtout pas donner des leçons de vertu. Il aurait d’ailleurs préféré que son choix reste confidentiel, comme lorsqu’il était simple adjoint au budget dans le 5e arrondissement et avait déjà renoncé à toute indemnité. « C’est une décision personnelle, pas politique », assurent ses proches.

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Avocat dans un grand cabinet parisien, Pierre Casanova estime gagner suffisamment bien sa vie pour se passer d’argent public, du moins pour le moment. Fils du célèbre économiste libéral – et longtemps éditorialiste au Monde – Jean-Claude Casanova, l’élu MoDem s’est montré à plusieurs reprises sensible à la bonne gestion des fonds de la Ville. Lors du dernier Conseil de Paris, mi-décembre, il avait déjà insisté sur la nécessité de « combattre le gâchis », alors que la dette de Paris monte en flèche.

Aussi a-t-il plaidé pour que la mairie ne se contente pas de réduire les indemnités versées aux élus présents dans les conseils d’administration des sociétés d’économie mixte, mais pour qu’elle les supprime totalement. Il a également suggéré de modifier les règles du budget participatif, afin que les Parisiens puissent proposer dans ce cadre des dépenses nouvelles, mais aussi des économies. Depuis quarante ans, les financements publics représentent un « opium », a affirmé Pierre Casanova dans l’hémicycle. A titre personnel, il ne veut visiblement pas risquer la moindre accoutumance.

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