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A l’Université de Paris, climat délétère au département d’études psychanalytiques

C’est un monument de la psychanalyse française qui est en train de s’effondrer. Cinquante ans après sa création, le département d’études psychanalytiques de l’université Paris-Diderot (Paris-VII), qui a vu passer des figures de renom comme Jean Laplanche et Pierre Fédida, n’est plus que l’ombre de lui-même. « On était une UFR [unité de formation et de recherche] pionnière, la Rolls-Royce des études psychanalytiques en France, tout cet héritage a disparu », se lamente le professeur François Villa.

Depuis des mois, Christine Clerici, la présidente de l’Université de Paris – un mastodonte de 64 000 étudiants issu de la fusion, en 2020, de Paris-VII, Paris-Descartes (Paris-V) et l’Institut de physique du globe de Paris, et censé rivaliser avec les meilleures universités mondiales – doit gérer la guerre de clans qui déchire le département d’études psychanalytiques depuis de longues années.

Au cœur de ce conflit, d’un côté François Villa, ancien vice-président du conseil d’administration de Paris-VII. De l’autre, Fethi Benslama, chercheur et psychanalyste qui a successivement dirigé l’UFR d’études psychanalytiques puis l’UFR Institut humanités, sciences et sociétés (IHSS) avant de prendre sa retraite, en août 2019. Auteur de plusieurs ouvrages sur la radicalisation, ses travaux sont connus internationalement. Anciens proches collègues, François Villa et Fethi Benslama ont tous les deux été doctorants du psychanalyste Pierre Fédida dans les années 1980. Après avoir grimpé dans la hiérarchie, ils se sont déchirés à partir de 2011 au cours d’une lutte pour diriger Paris-VII.

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C’est au cours de cette lutte de pouvoir que sont apparues les accusations de harcèlement moral et sexuel contre Fethi Benslama. En novembre 2018, alertée par plusieurs signalements émanant d’enseignantes, Christine Clerici, alors présidente de Paris-VII, demande l’ouverture d’une enquête administrative au ministère de l’enseignement supérieur. Elle saisit également le procureur de la République. Pendant dix mois, deux fonctionnaires de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, enquêtent sur le comportement du psychanalyste, mais aussi sur les dysfonctionnements concernant les promotions, le recrutement et la gestion financière dans l’UFR IHSS.

« Climat de séduction »

Le rapport, confidentiel, est rendu à la ministre de tutelle, Frédérique Vidal, et à la présidente de l’université en septembre 2019. Dans ce document que Le Monde a pu consulter, les inspecteurs signalent une « concentration du pouvoir dans les mains de quelques personnes décrites comme des fidèles de M. Benslama, [qui] a conduit à l’installation progressive d’un système de type “clanique” ».

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