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A Londres, le « Mayor » Sadiq Khan vers un deuxième mandat, sans tambour ni trompette

Le maire de Londres Sadiq Khan, le 15 avril, à Westminster, Londres.

Le 6 mai, les Londoniens élisent leur maire et renouvellent les 25 membres de l’Assemblée de Londres, leur conseil municipal. Près de 9 millions d’électeurs sont appelés aux urnes – même les non-Britanniques peuvent voter, à condition d’être domiciliés dans la capitale. Pourtant, à l’exception de l’Evening Standard, le journal gratuit de Londres qui suit la campagne au jour le jour, ce scrutin important ne suscite pratiquement pas une ligne dans les médias nationaux.

Il faut dire que même s’il dispose de prérogatives conséquentes – en matière de police, d’immobilier et de transport –, le poste de premier édile directement élu de la capitale n’existe que depuis vingt et un ans et, dans un pays très centralisé, les journalistes politiques gravitent essentiellement entre Downing Street et le palais de Westminster. Par ailleurs, le suspense semble limité : l’actuel « Mayor », Sadiq Khan, 50 ans, un travailliste d’origine pakistanaise, a de grandes chances d’être réélu, à en croire les sondages qui lui donnent au moins 20 points d’avance sur son plus sérieux concurrent, le conservateur Shaun Bailey.

Le vote ethnique profite aux travaillistes

A 49 ans (50 ans en mai), ce dernier a pourtant le profil parfait pour concurrencer l’actuel maire : tous deux ont été élevés dans des milieux très modestes – le père de Sadiq était chauffeur de bus, sa mère, couturière. Issu d’une famille d’origine jamaïcaine, Shaun a été travailleur social pendant vingt ans, et a fait campagne avec énergie contre le crime organisé et le trafic de drogue dans la capitale – un problème endémique et l’un des tout premiers sujets de préoccupation des Londoniens.

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Mais, selon James Johnson, ex-conseiller à Downing Street et cofondateur de la société de sondages JL Partners, « il se passe à Londres depuis quelques années ce qu’il se passe dans d’autres métropoles occidentales : les jeunes et le vote ethnique se sont tournés vers le Parti travailliste. Par ailleurs, la capitale a voté très majoritairement contre le Brexit lors du référendum de 2016. Enfin, Shaun Bailey n’a pas fait une très bonne campagne et le parti conservateur ne l’a pas non plus beaucoup soutenu [à aucun moment le premier ministre, et ancien maire de Londres, Boris Johnson, ne lui a prêté main-forte]. Ce qui est assez logique, vu ses faibles chances de réussite. »

« À sa décharge, il n’a pas eu des années faciles. Il était à peine élu que le Brexit a été voté, puis il a enchaîné avec les attentats à Londres, et la pandémie. » Tony Travers, politologue

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