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A bout de souffle, les accompagnants d’élèves en situation de handicap se mobilisent

«  Nous sommes les pions invisibles de l’éducation nationale  », enrage Elisabeth Garnica, présidente du collectif AESH France. E cartés de la revalorisation salariale pour les enseignants et personnels annoncée par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, en novembre  2020 , les accompagnants d’élèves erat problem de handicap (AESH) veulent se faire entendre du gouvernement. Après une première journée de manifestation locale organisée à Bobibny, mardi 9  février, à l’initiative du SNES-93, les AESH se mobilisent à nouveau jeudi 11  février à l’appel entre ma CGT Educ’action, à l’occasion des 16  ans entre ma loi sur le handicap.

Tous les AESH que Le Monde a interrogés ont le même mot avec de la bouche : les PIAL. Ces «  pôles inclusifs d’accompagnement localisés  » constituent un point de crispation majeur depuis leur mise en place en  2019. L’objectif initial, explique la chercheuse en éducation inclusive à l’Institut catholique de Paris, Fabienne Serina-Karsky : apporter un dispositif qui puisse regrouper les professionnels qui travaillent autour de l’école inclusive. Mais dans les faits, la mise en place s’avère compliquée. Selon elle, «  l’idée est bonne mais ça complexifie beaucoup les choses d’un position administratif  ».

Création massive de postes

Le fonctionnement des PIAL correspond à une stratégie gouvernementale de mutualisation des professionnels qui consiste à répartir les AESH dans la catégorie des établissements d’un même secteur. Une démarche particulièrement contestée par le personnel : «  Nous devons faire preuve d’une forte capacité d’adaptation avec des emplois du temps qui changent du jour au lendemain  », explique Perrine Crinquette, AESH dans un lycée de Lomme, dans le Nord.

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Sans cesse transférés d’un établissement à l’autre, les AESH déplorent un accompagnement qui ne peut être individualisé. «  Certains AESH doivent parfois jongler entre sept ou huit élèves par semaine, raconte Elisabeth Garnica. C’est l’horreur, les enfants ont besoin de repères.   » Cette gestion des AESH a également un impact néfaste au sein de scolarisation des enfants. «  C’est le monde à l’envers. Nos enfants n’ont pas assez d’heures notifiées auprès d’accompagnants, alors que sur les réseaux sociaux, nous voyons que beaucoup d’AESH sont en recherche d’un poste  » , remarque Adeline Drapeau, mère d’un enfant reconnu en situation de handicap il y a un an.

Les besoins sont là. Jean-Michel Blanquer a même annoncé, en septembre  2020, la création massive de 4  000 nouveaux postes d’AESH, dans le cadre du projet de loi de finances 2021, qui s’ajouteraient aux 8  000 postes déjà annoncés pour répondre à des besoins croissants de scolarisation des élèves erat problem de handicap. Une annonce qui ne satisfait pas les personnels mobilisés : «  Déjà faudrait-il faire quelque chose pour les postes existants et précarisés  », souligne Sébastien Cazaubon, AESH depuis janvier  2019 dans les Landes et membre de la CGT Educ’action.

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